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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 17:04

Ce jeudi en séance plénière du Conseil Régional, la séance portait sur les learning-center. Suisse, Angleterre, Espagne : ces centres se développent en Europe. A l'aune de la stratégie de Lisbonne fondée sur le renforcement de l'innovation et la société de la connaissance, comment ne pas créer des ilots privilégiés d'accès aux savoirs juxtaposés à des no man's land ou des conditions parfois déplorables de travail pour les milliers d'étudiants de la Région Nord Pas de Calais. Ouvrons largement la perspective d'espaces collaboratifs hybrides de savoir pour tous....

Pour information :
- Les 4 learning-center prévus sont : celui de Vaucelle sur le thème  du "fait religieux", celui de Dunkerque sur "la ville durable", celui de Lille1 sur les poles de compétitivité, celui de Lille 3 sur l'archéologie-égyptologie...
- Et ailleurs ? A été un temps envisagé des centre également sur les sciences de l'éducation à Douai ou l'urbanisme et le développement durable à Béthune, mais qui ne semble ni mûrs, nisuffisamment portés.
- Et à Roubaix ? On peut se poser la question : quid d'un carrefour des savoirs ou learning-center sur le monde du travail et le fait associatif qui aurait pu légitimement trouver sa place à Roubaix en partenariat avce le centre national des archives du monde  du travail.

Voici le contenu de mon intervention

 

 

" Il faut saluer la création de ces learning center, que je préfère effectivement appeler des « carrefours des savoirs ». Ce sont potentiellement de beaux outils de mise en réseau des connaissances, de stockage des ressources et de diffusion.

 

>> Toutefois, il me semble vital et important de rappeler que l’accès aux meilleures conditions de savoir n’est pas assuré pour nos milliers d’étudiants en Région. L’extrême concurrence organisée de fait par la pénurie des moyens dans les 1ères années de fac pénalise les plus modestes de nos jeunes : ils ne peuvent ni se payer le luxe des livres, ni bénéficier de lieux adaptés chez eux pour étudier si ce n’est de se rendre en bibliothèque, ni disposer du meilleur du numérique, ni des tuteurs payants confortant  les enseignements où les conditions d’écoute sont parfois déplorables.

Le « Struggle for the life » en médecine, en droit, c’est la triste réalité des amphi bondés, des salles mal insonorisées avec des écrans à la place de professeurs, et même de cours sabotés. Voilà ce que produit notre système, et qui renforce les inégalités sociales et économiques.

Cela n’est pas la faute de la Région. Il n’empêche que le recours à des lieux d’étude et l’accès aux savoirs performants des bibliothèques du 21ème siècle, devient une nécessité vitale si l’on veut pouvoir améliorer l’égal accès de tous aux savoirs. Là aussi, il y a énormément d’interfaces à développer qui relèvent de la pédagogie, entre les cours magistraux et l’auto apprentissage.

La bibliothèque centrale de Lille 1 est à repenser totalement en lien avec le projet de learning center « pole de compétitivité ». Je ne comprendrai pas qu’il y ait une réflexion séparée, car ce projet de learning center peut aider à construire une solution gagnant-gagnant.

 

Avant de prendre de grandes décisions, intégrons cette grande difficulté que rencontrent nos étudiants pour qui learning center ne doit pas un jour signifier oasis privilégiée de savoir et pénurie ailleurs.

 

>> Je reviens au concept de learning center, mieux dénommé comme proposé ce matin « carrefour des savoirs ». Ils doivent pouvoir croiser des fonctions différentes :

- La recherche, la diffusion de la science, et la nécessité d’une approche pluraliste de celle-ci dans ses impacts économiques, sociétaux et sanitaires…

- Le transfert et le développement de projets, tel des incubateurs ou des lieux propices à la relocalisation de réseaux sociaux virtuels travaillant sur l’innovation

- Des lieux de vie qui alimentent les dynamiques de territoire ; on le voit notamment sur le Dunkerquois avec le centre basé sur la Ville durable, ou à Vaucelle dans le Cambrésis sur le fait religieux. Ils sont sources d’animation culturelle avec des expositions, des conférences, des débats…

- L’accès à la connaissance de tous :

.  un lieu pour la recherche et les étudiants, mais aussi pour tous les publics, y compris ceux qui naturellement ne vont pas chercher cette connaissance. Cela suppose des moyens pour le tutorat : il s’agit bien de pouvoir construire des parcours de savoir s’adressant à des autodidactes, et de se rapprocher ainsi de nos ambitions  - historiques- en matière d’éducation populaire

.  un lieu où le développement de la connaissance s’accompagne de celui de l'esprit critique , et qui prpoose aussi des espaces d'intreprétation .

Au final, nous souhaitons qu’il s’agisse de lieux offrant les meilleures conditions de confort et d’accueil. Savez-vous que des étudiants vivent, mangent et même parfois dorment pour étudier, dans certaines bibliothèques (je n’en donnerai pas le nom…) qui ne sont cependant pas du tout du « 21ème siècle » ni prévues pour cela. ? 

On parle de learning center, ce que nous voulons c’est encourager des espaces collaboratifs hybrides en faveur d’une société de la connaissance…

 

>> Je voudrai ensuite attirer votre attention sur la question de l’accès pour tous et en tout point du territoire à ces nouveaux espaces :

 

Nous avons 4 lieux axés sur des thématiques particulière, outre que des territoires ne sont pas du tout couverts, toutes ces connaissances thématiques doivent pouvoir être diffusées partout. Il faut donc interconnecter ces « carrefours des savoirs », et développer la notion de portail mentionnée dans le débat de ce matin.

 

Il ne s’agit pas d’amplifier les déséquilibres entre personnes et les déséquilibres géographiques infrarégionaux :

-> il paraît nécessaire de créer ou de mobiliser des lieux équipés d’ordinateur et d’accès internet au plus près de la population et en particulier dans les lieux où la région exerce une compétence : les lycées, les CFA, les organismes de formation permanente, les structures associatives partenaires…. On peut notamment penser au rôle possible du réseau des cyber-centres qui sont aujourd’hui au nombre de 212 et dont les animateurs sont accompagnés par la Région, mais dont le développement semble t-il est au point mort. Comment a été prévue leur mise en réseau ?

 

>>  Rappelons ce que nous voulons défendre par principe : il s'agit de partir d’une analyse des vrais besoins…

 

Il faut donc insister sur le fait qu’il ne faut pas donner plus d’importance à la création du support, du moyen d’accès à la connaissance, qu’aux besoins potentiels de l’usager du service.

- Il est sans doute nécessaire de faire une distinction entre l’usage qu’en feront des chercheurs, des enseignants, des étudiants relativement autonomes, des autodidactes qui sont friands d’outils leur permettant d’apprendre en dehors des lieux « officiels » et les autres publics pas toujours demandeurs et réfractaires parfois à l’idée d’apprendre.

Quand on parle de diffusion des savoirs vers la population régionale dans toute ses composantes

- La Région Nord Pas de Calais a une longue histoire d’éducation populaire et permanente et a largement contribué via les organismes de formation et les universités, à la recherche en sciences de l’éducation et à la création de produits pédagogiques pour la formation ouverte et à distance. Nous avons des pédagogues, experts en la matière et très souvent rattachés aux universités : ont-ils été mobilisés ?

- Enfin on parle de tutorat pour faire cheminer les visiteurs dans l’espace mais prévoit-on du tutorat à distance ? On sait en formation permanente que l’accompagnement méthodologique (on parle de « tuteur méthodologue ») est au moins aussi important que les contenus des produits pédagogiques pour s’engager dans l’autoformation..

 

>> Je voudrai enfin insister plus rapidement sur quelques points essentiels qui doivent structurer pour nous une feuille de route :

 

- Ces lieux de savoir doivent rester des lieux non marchandisés, des îlots de liberté et de coopération et nous souhaitons que soient promus et privilégiés les logiciels libres

 

- Les équipements liés au savoir devront prêter une attention particulière à répondre aux problèmes dans leur diversité du handicap

 

- Un schéma de gouvernance nous a été présenté : il y a matière en amont à un débat participatif, nous souhaitons que soient associés à la gouvernance les étudiants et la population

 

- ces « carrefours de savoir » vont s’implanter dans des lieux soit anciens qui seront réhabilités, soit nouvellement construits : nous demandons à ce que soit retenue la Haute Qualité Environnementale pour les investissements à accomplir.

 

- Enfin, au détour des présentations de projet, a été souvent mentionné le Wifi en tous lieux de ces équipements comme une évidence acceptée par tous, non : une nouvelle fois notre groupe incite à la prudence et au principe de précaution. Des techniques alternatives existent : elles sont filaires et le câblage est possible. On sait faire autrement, refusons le WIFI. "

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