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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 22:47

La présence des jeunes dans l'espace public :  une envie d'exister en autonomie et en groupe  pour dépasser l'ennui et les limites floues de l'adolescence

Qui sont les jeunes dans les halls d'entrée, les jeunes sur l'appui de fenêtre, ceux du coin de la rue, ceux qui passent en bande en chahutant ? Qui sont ces jeunes qui passent en dehors des clous et quand c'est rouge au nez de l'automobiliste, qui mettent de la musique à fond sur les pelouses du parc Barbieux ? Qui sont les jeunes qui vont en en groupe dans le centre commercial et se font refouler au-dessus de 3...Qui sont tous ceux qui tiennent les murs ? et tous ceux qui n'ont pas de problème particulier mais qui sont juste jeunes ? Ces jeunes ce sont les nôtres, ce sont les vôtres, ce sont ceux du voisinage...

Préjugés ? Ou bienveillance ?
En règle générale, les jeunes, ensemble, sont plutot confrontés à des préjugés qu'à une naturelle bienveillance... Ces préjugés augmentent d'ailleurs avec la couleur de la peau et la manière de s'habiller, alors bronzé avec une capuche enfoncée, là c'est vraiment craignos...


Adolescents : du "dedans" au "dehors"...
A l'adolescence, on n'est plus forcément  bien dans sa famille, dans des logements trop petits... C'est  la période où s'installent plus facilement conflits et incompréhensions, l'adolescent est ou se sent en décalage chez lui quand il n'est pas franchement jugé "indésirable". A la recherche d'autres repères, l'attraction de la bande de copains est déterminante.
Mais où aller ?

Les jeunes semblent toujours de trop dans l'espace public. On n'aime pas les voir en groupe, ils inquiètent. Exubérants ou bruyants, ils dérangent. Ils transgressent parfois les règles de la civilité : crachent par terre, interpellent, tapent dans une poubelle. Ils semblent forts observant que la plupart des gens n'osent rien dire.

Ne tombons pas dans l'angélisme, il n'est pas normal de raser les murs pour rentrer chez soi, quand une bande a fait d'un coin de rue son lieu de surveillance ou d'un hall son lieu de ralliement, et que c'est devenu son territoire. Et il faut être en capacité de ne pas etre dans la peur et d'en imposer pour pouvoir réagir, parler, s'affirmer. On ne peut laisser la peur et l'absence de dialogue s'installer. Quand ce n'est plus seulement une histoire de voisinage ou de relations sociales normales de la population, on a besoin d'un dialogue plus collectif associant acteurs et responsables : mairie, associations, école, organisme hlm, police si délinquance... La société doit faire corps pour affronter les dérives et défendre le respect de tous.

Mais il faut faire la part entre la délinquance et le trafic qui sont une réalité, et la jeunesse en général, dont l'exubérence et le goût de la transgression à l'égard du monde adulte n'a rien que de très naturel à cet age. cette jeunesse doit avoir sa place dans l'espace public et la vie de la cité, et doit être prise en considération au moins autant que l'automobile, qui mobilise tant d'experts et de crédits pour pouvoir continuer à polluer et capter l'espace. La jeunesse, ce n'est bien sur pas une question d'expertise mais au moins d'attention collective, et d'un peu de moyens...

Le casse-tete de l'urbaniste...
En tant qu'urbaniste, au cours de ma carrière j'ai été confrontée à toutes sortes de stratégies visant à gommer la présence des jeunes comme une aspérité dans l'espace public. Je suis sollicitée pour trouver des solutions à ce qui est perçu comme un dysfonctionnement. Par exemple, on enlève un banc ou on empêche d'en installer un. Car c'est bien connu, qui dit banc, dit point de fixation. 

Les jeunes, sujets ou objets?
La présence des jeunes, la tranquilité du voisinage imposent  de trouver des solutions mais on pense rarement à imaginer avec eux. Comme les prend-t-on en compte réellement en tant que sujet et non seulement en tant qu'objet ?

Les activités encadrées
Les stratégies mises en place consistent souvent à organiser des activités pour les jeunes. Super ! Cours de danse, sports de combat, foot et même vidéos ou cyber-centre... Le problème est que beaucoup de jeunes n'ont pas envie d'activités encadrées. Ils veulent parfois être simplement entre eux pour discutter et rigoler, ils aimeraient sortir mais n'ont pas forcément de l'argent, ils s'ennuient mais ils préfèrent s'ennuyer ensemble.

Le mythe du local jeune
Alors si on demande aux jeunes ce qu'ils veulent, c'est : une salle. Je l'ai entendu dans tous les quartiers où mes missions d'urbanistes m'ont conduite. Mais honnêtement, les élus généralement en attrapent des boutons de frayeur, et il faut reconnaitre que cela ne marche pas. Même en incitant à la création d'une association,  d'un règlement de bonne conduite, on aboutit toujours à des dérives (captation du lieu, difficultés de gestion) quand il n'y a pas de francs dérapages (produits illicites). Il est cependant intéressant parfois de faire le chemin avec les jeunes, même sans illusion pour donner une chance au dialogue. Et de savoir interrompre une expérience avant qu'elle ne vire au n'importe quoi.

Alors quand on a mis en place les activités construites, qu'on a tenté l'autonomie contractuelle dans un lieu abrité, qu'on a épaulé le secteur associatif en lui laissant sa marge de manoeuvre créative, que reste t-il à faire ?

Il reste à repenser la ville, en y admettant la présence des jeunes. Il faut repenser l'espace public et y inclure des lieux propices. Il faut offrir des abris et des points de regroupements, qui soient des alternatives au hall. Cela doit être étudié soigneusement, par l'expertise des usages et un peu de sociologie urbaine. On peut prévoir des choses qui ne soient pas définitives, pour pouvoir se tromper et réessayer... Là un kiosque, ici près d'un lycée un auvent, et pourquoi pas au parc Barbieux remettre quelques paillotes-parasol ? (le parasol en chaume a disparu du parc Barbieux il y une dizaine d'année au moins, on pouvait s'y asseoir en rond, c'était sympa...)

Il faut des lieux où le jeune se sente accepté sans méfiance, ce qui ne veut pas dire sans exigence. Un lieu ouvert aux aller et venues, sans inscription : genre un café, mais un café sympa qui allie convivialité et utilité, comme un café sans alcool et à thème... Tiens par exemple, on pourrait encourager la création ou l'adaptation en centre ville de lieux accueillants de ce genre comme un café-musique, un café-citoyen, un café des arts, un hightech-café, un café scopitone... Ces lieux associatifs ou commerciaux pourraient faire l'objet d'un conventionnement public en contre partie d'une mission de prévention et d'accueil des jeunes. Cela ne couterait pas si cher. Et ce serait sinon des endroits tout à fait normaux... dans la ville, pour les jeunes...

 

 

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Published by Myriam Cau - dans Société
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Myriam Cau 24/01/2008 01:09

Je ne nie pas la réalité de certains problèmes mais un "couvre-feu"  c'est un constat d'échec et de peur. Et je trouve cela inquiétant sur la capacité de notre société à agir et réagir. Un couvre-feu est l'expression d'une impuissance collective, comme une vérité que l'on se cache plutot que de l'affronter.

arno 23/01/2008 21:39

salut Myriam,
A Hondschoote, on en est arrivé à avoir un arrêté municipal interdisant les regroupements aprés 20h !  Le jeune fait si peur!!!!
Courte vision face à certains petits gestes d'incivilités, englobant par cette décision toute une partie de la population, vraiment surprennant pour ne pas dire plus...