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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 00:36

2 janvier 2008, on va respirer...  On pourra prendre un thé dans un café avec des enfants et faire une pause resto sans crainte. Voici l'horrible parcours d'une fumeuse extrême qui a échappé au cancer de peu ... 

J'ai adoré fumer des Camels, et quand vraiment j'étais "en fonds" je poussais le luxe jusqu'à fumer des JPS (ah, les John's player Spécial dans leur luxueux étui noir glacé et lettres dorées!). J'aimais l'odeur douce du tabac blond, la cigarette qui joue entre les doigts, les ronds de fumée avec les copines. J'ai fumé pour appartenir au clan des émancipées, ensuite j'ai fumé parce que je ne savais plus m'en passer. J'ai dans la plus grande inconscience emmerdé, intoxiqué, gêné, empoisonné des collègues de travail, des passants, des amis, des inconnus et ma famille. Je n'en suis pas fière. J'ai juste réussi à ne pas trop fumer devant mes enfants ou dans les pièces où ils étaient, c'est tout.

J'ai ingéré des volutes bleues à partir de l'âge de 16 ans et jusqu'à 35 ans, d'abord un peu, puis un peu plus, et continuellement plus, jusqu'à fumer 2 paquets de cigarettes par jour. J'étais souvent parasitée par l'idée et l'envie de fumer une cigarette, l'image s'imposait à moi sans que je le choisisse. Avant d'aborder une tâche complexe ou délicate, d'abord je fumais... La perspective de manquer de cigarettes causait en moi une véritable angoisse, et bien qu'habitant Roubaix, j'aurais été capable d'aller sur Lille m'approvisionner au Versaille jusqu'à une heure très avancée. Je ne fumais jamais au petit déjeuner, je trouvai cela dégueulasse et commençais avec le premier café au travail vers 10H. Mais alors ensuite, j'étais une usine d'incinération à moi seule. Allant et venant, au gré de mes activités, je déposais chaque fois que possible un peu de poison dans l'air. Un halo d'odeur de tabac froid ou de fumée me précédait , et pour moi c'était normal. En un mot, j'étais droguée, sous dépendance, enchainée à la cigarette... La clope était mon antidépresseur permanent, il n'y a qu'en vacances où ma consommation chutait fortement. Il m'est arrivé de fumer au lit, et quand j'y pense aujourd'hui cela me parait suréaliste. 

Et pourtant je savais, j'étais même sure que j'aurai un cancer en faisant cela. Jeune, j'avais toujours dit, certainement parce que l'échéance me paraissait lointaine, autant que l'idée de la mort quand on a 20 ans, que j'arrêterais de fumer à mon 3ème enfant. Et puis Lilas s'est annoncée, j'avais 35 ans, le 3ème bébé était en vue. Et  j'ai intimement su que j'arrêterai de fumer, parce que je voulais voir grandir et mes enfants, et mes petits enfants. Alors que j'étais enceinte, au travail, je me suis surprise à allumer une cigarette avant d'appeler quelqun au téléphone, pour me rendre compte l'instant suivant qu'une cigarette fumait déjà dans le cendrier. Cet instant a été décisif dans mon passage à l'acte, je voulais récupérer mon libre arbitre. Ma liberté est la dernière chose que j'abdiquerai, je l'avais pourtant fait.

J'ai diminué progressivement en étant enceinte mais n'ai pas réussi à arrêter totalement. Lilas est née le 31 décembre 1996, et je n'ai jamais plus refumé depuis sa naissance, même pas une petite taffe. Je ne dirai pas que cela a été facile, pendant des années j'ai gardé l'envie de fumer intacte. Le plus horrible était les soirées entre copains. Mais je savais que je ne céderai pas car pour moi, c'était ma dernière chance, j'avais pleinement concience du niveau de mon addiction. Encore aujourd'hui, si je refumai ne serait-ce qu'une bouffée, je sais qu'en 6 mois je reviens à mes 40 cigarettes par jour. Peut-on imaginer ce que représente une telle quantité de fumée ?  c'est une pièce dans le brouillard et sans oxygène, une concentration de pure pollution...

Lorsque j'ai arrêté, la dépendance à la nicotine est très vite partie (je dirai une semaine à 10 jours), c'est psychologiquement que cela duré. Certaines situations (fumer devant moi), certains rituels (le café après le repas) était des instants sensibles. Ce qui m'a aidé était la fatigue de la naissance et des enfants, l'éloignement de la situation majeure de risque (le travail) puisque j'étais en congé parental, la solidarité de mon mari qui n'a jamais plus fumé devant moi, et les activités physiques. Il fallait que mes mains soient occupées au point que fumer soit trop compliqué : dessiner était mieux que lire par exemple. Jardiner m'a beaucoup aidé, j'ai toujours adoré cela et m'imprégner des odeurs de terre, de feuilles, d'air froid ou les 1ères senteurs de printemps a renforcé mon plaisir de respirer. 

Mais ce qui a été extraordinaire au bout d'un moment, quand le plus dur a été passé, est le sentiment d'avoir récupéré ma liberté. Le poids énorme de la dépendance s'est allégé, et j'ai respiré au sens propre comme au sens figuré. Plus de cigarettes à acheter, plus de combines à trouver pour faire la pause fumée et je me suis mise à observer autrement les fumeurs, presque ethnologiquement, et alors j'ai su que moi j'étais passé "ailleurs". Avec le recul, je me suis trouvé pathétique avec ma fumée et mes poisons. En un mois ou deux, j'ai mieux apprécié le goût des aliments, j'ai affiné considérablement mon odorat -aujourd'hui je hûme avec volupté la moindre senteur, tel un animal je ressens tout avec les odeurs : un rien me rebute, un rien m'envoûte. Et sauriez vous croire que mon teint s'est illuminé tout seul, je n'avais jamais réalisé que mon teint était gris, ma peau est devenu plus souple, mes cheveux moins ternes. Bref, je n'ai eu que du bonheur avec le recul à avoir réussi à arrêter. 

Il m'a aussi fallu cela, pour me rendre compte de ce que j'avais infligé aux autres avec mon tabagisme, l'horrible odeur d'haleine et de cendrier froid que véhicule le fumeur, la gêne que représente la fumée pour un non fumeur ,qui finalement ne peut pas trop se défendre face à l'incompréhension du fumeur sous dépendance que j'étais. A travers cet article, je présente mes excuses à tous ceux que je n'ai pas respectés, que j'ai enfumés et empoisonnés et particulièrement à mon ancien collègue du bureau d'à côté, Christophe Quétu, que je raillais quand il me disait pourtant sa gêne.

Progressivement, je suis devenue moi-même très vite incommodée par la fumée. Aujourd'hui cela m'écoeure, et cela me donne vraiment la nausée surtout au restaurant, de toute façon je ne fréquentais plus les restaurants fumeurs. J'ai une grande tristesse de voir des enfants dans des voitures avec des parents qui fument dans l'habitacle (je ne le faisais pas avec mes enfants, mais un adulte ne m'arrêtait pas...) 

Et aujourd'hui, c'est le premier jour d'une autre vie, après l'arrêt du tabac sur le lieu de travail, on arrête dans les cafés et restaurants. Enfin j'aurai la liberté d'aller au café ou au restaurant sans regarder avec méfiance les gens qui se mettent à côté de moi, ou étant en terrasse de glisser les cendriers que je trouvais sur les tables voisines par terre ni vu ni connu. Aujourd'hui peut-être que beaucoup de personnes arrêteront de fumer car cela sera devenu trop compliqué et sans intérêt. Aujourd'hui peut-être sera le 1er jour à partir duquel la courbe de mortalité due au tabagisme va chuter...

Lilas a eu hier 11 ans, il parait qu'il faut 10 ans pour récupérer ses poumons, eh bien c'est fait, mes poumons ont retrouvé leur état.
 

Le tabac cause 60 000 morts chaque année. le tabac est à l'origine d'un quart de tous les morts par cancer.
Fumer augmente de 15 à 30 fois le risque d'avoir un cancer du poumon. Pour les femmes, la mortalité par cancer du poumon est en augmentation constante et pourrait rattraper le niveau de mortalité du cancer du sein dans moins de 20 ans. Un non fumeur exposé à la cigarette des autres, au travail ou dans un bar par exemple, voit son risque de cancer du pounon augmenter de 12 à 19%. La durée d'exposition aux substances cancérigènes du tabac semble avoir plus d'impact que la dose. Si l'on double la dose, le risque est multiplié par 2, si l'on double la durée, le risque est multiplié par 20... 
Une cigarette, c'est de la nicotine et des goudrons mais aussi plus de 40 substances chimiques cancérigènes issues de la combustion. La cigarette contient du mercure, du plomb, du cadmium, de l'acide cyanhydrique, du chrome... Les particules pénètrent jusqu'au coeur des alvéoles pulmonaires car leur diamètre varie entre 0,1 et 1 micron ( 1 millième de mm). source Doctissimo "le tabac et le cancer"

 

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Published by Myriam Cau - dans Coups de Coeur
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commentaires

didier 03/01/2008 15:40

Je n'ai pas de commentaire à faire , mais comme je vois que votre compteur de commentaires reste désespérément à zéro depuis des mois et des mois,  et ce malgré votre prose et la description palpitante de vos expériences, je me suis dis que cela vous ferait plaisir de voir s'afficher au moins une fois la mention  "(1) commentaire" sur votre blog.C'est cadeau, des étrennes en quelque sorte.

Myriam Cau 06/01/2008 01:04

Cher DidierL'ennui peut-etre vous guette, que vous perdiez votre temps ainsi ? Néanmoins je suis extremement honorée de votre participation et de votre commentaire à la fois absent et présent. Voulez vous que nous échangions des points de crochets ? Vous pouvez également me donner quelques conseils écolo utiles ? Avez vous déjà essayé la peche à la ligne au canal de Roubaix ? enfin voilà quelques pistes pour bien commencer l'année 2008...